Sans toi : jour 5

J’ai toujours un immense besoin de te parler. Cette nuit je me suis réveillée quelques fois, et je te parlais. Nous avons fait ça pendant plus de treize ans, alors je ne pense pas pouvoir m’arrêter de si tôt .

Tu étais mon confident, toujours à l’écoute même si tu étais devenu sourd, je savais que tu m’écoutais. Nous n’avions pas vraiment besoin de communiquer verbalement, penser, nous regarder nous suffisaient pour nous comprendre. Cela dit pour les choses courantes de la vie, nous avions bien dû adopter une gestuelle. De ma main, ce petit mouvement qui te disait: viens avec moi. Tu savais …

Nous avions tellement de choses en commun, nous aurions pu continuer comme ça deux cents ans voir même plus . Jour et nuit, nuit et jour, collé aux basques l’un de l’autre. Même si je savais que la séparation serait inéluctable, je refusais d’y penser. Tu étais si gentil, jamais un brin de méchanceté, de haine. Tu étais joyeux, heureux de prendre la vie en notre compagnie comme elle venait. Tu adorais les vacances. Tant si bien, qu’on se demandait, si par moment tu ne nous faisais pas une dépression durant ces longues journées hivernales où on ne sortait pas beaucoup.

Tu es parti pour ton dernier voyage. J’attends que tu reviennes. Ca me semble si long ! Mais je n peux rien faire. Juste attendre le coup de téléphone qui me dira que tu es revenu. Ce sera encore une étape difficile .

Sans toi : jour 4

Une nouvelle journée commence. Ce matin , j’ai encore les larmes aux yeux. Lors d’une discussion matinale, je me demandais, si les humains, tout comme les animaux, un moment donné, quand le vie ne te dis plus rien, si quand la maladie te ronge, pries-tu pour que tout cela s’arrête?

La dernière nuit que nous avons passés tous les deux, je voyais bien que ta manière de me regarder, m’implorait de t’aider. Mais ce n’est pas facile tu sais .C’est si difficile de prendre « la décision », qui, certes est pour te soulager et à ta demande. J’aurais tant aimé te garder encore un peu avec moi! Notre amour était fusionnel. Au nom de cet amour, je ne pouvais pas attendre la souffrance insupportable pour quelques heures de plus . Je ne pouvais pas te refuser de partir quand tu étais encore « bien ». Bien avec des guillemets, disons, que la dégradation allait continuer et s’eut été pire . Donc oui, bien est peut-être le bon mot. Et j’ai prit mes responsabilités je t’ai accordé le droit de partir en toute dignité.

Aimer, c’est aussi donner à l’autre , le respecter, et surtout penser à lui au dessus de tout. C’est oubliez son égoïsme, oublier son soi, c’est vivre pour rendre l’autre heureux, lui offrir du bonheur et partager tout cela avec lui. ET tout cela, nous l’avons eu.

Sans toi : jour 3

Une nouvelle journée pluvieuse, venteuse et encore bien froide est entamée. Tu aimais bien te tenir devant le poêle, où tu te mettais à ronfler légèrement au rythme de ta respiration douce . Ces derniers temps, l’hiver se faisant, c’est là que tu passais la plus grande partie de ton temps . Cette douce mélodie qui me parlait, qui me disait: je suis bien, je l’entends encore …

Ce matin je ressens un horrible silence dans la maison. Derrière mon ordinateur, j’ai l’impression d’entendre tes pas sur le parquet … Puis non, tu n’apparais pas … C’est juste mon cerveau qui me joue des tours. Je ne pensais pas que la maison allait être si silencieuse !

J’essaye de m’occuper l’esprit, et pour se faire, je me suis attaquée à la pharmacie. C’est là que je me suis rendue compte que tu avais une sacrée pharmacie à toit tout seul. ET depuis un bon moment car il y avait même des choses périmées. Tout en triant, chaque boite flacon me ramène à une histoire, une aventure, un souvenir de vacances. Qu’est-ce qu’on en a partager des choses ! On était si bien tout les deux .

Sans toi : Jour 2

Un deuxième jour commence, il fait encore gris dehors, le brouillard est là, comme dans ma tête … Je regarde toujours la place que tu occupais dans chaque pièce, j’ai l’impression par moment que tu es encore là, mon cerveau te vois toujours là … Dans la chambre, le soir, la nuit, dans le bureau , dans le salon,dans la salle à manger , dans la cuisine .. Je disais toujours que nous habitions chez toi …

Cette immense place que tu tenais dans ma vie, est maintenant béante. Mais dans mon coeur malgré la tristesse qui me fend l’âme, tu y as toujours ta place, tu y resteras à jamais . Tu as rejoins le cercle fermé des amis qu’on n’oublie jamais, des amis exceptionnels et vous n’êtes pas beaucoup, vous êtes deux . Je ne sais pas si un jour il y aura un autre être tout aussi exceptionnel, je ne suis pas prête pour ça . Y serais-je un jour ?

Dans ma tête tourne toujours cette question : pourquoi faut – il que les êtres qui s’aiment soient séparés à jamais ? Pourquoi la mort vient – elle tout arracher ? Pourquoi cette grande faucheuse vient – elle tout déranger, tout chambouler, notre vie, notre coeur ? Elle ne devrait pas exister .

Sans toi : Jour 1

Ce matin ne sera pas pareil qu’hier, les suivants non plus, parce que toi mon ami, tu n’es plus là . J’ai le coeur en morceaux, les larmes aux yeux, l’estomac noué. Et pourtant il va falloir affronter cette première journée .

Ma première pensée est pour toi, comme elle l’était chaque matin depuis plus de 13 ans . Puis, ton absence me revient en pleine figure, je n’ai plus besoin de faire ça, ni encore ça, ces gestes quotidien qui remplissaient mes journées.

Tes affaires ont été retirées, je ne reconnais plus les pièces, elles sont défigurées, elle sont vides, mortes. Il restent encore quelques objets des médicaments entr’autre qui trainent sur l’appuis de fenêtre et qui me renvoie à cette dernière nuit, tu me regardait, m’implorant de faire cesser tout ça. Ta joie de vivre avait disparu, tu semblais si loin de cette vie . Nous n’avions pas besoin de nous parler, nos regards suffisaient. Nous nous comprenions parce que nous étions des amis fidèles, et bien plus . Alors, j’ai assuré, j’ai prit cette horrible décision, te laisser partir avant que la souffrance ne soit plus supportable avant que … Que ce fût difficile !

Alors oui, ce matin, tout me semble gris, froid. Comme la météo dehors, c’est le brouillard dans ma tête . Que vais-je faire sans toi ? Il fait si froid, ici, sans toi .

QUAND LA VIE S’EN VA …

Quand la vie s’en vient ,
Elle est source de joie,
Elle fait partie de moi,
C’est un feu de joie !

Quand la vie s’en va ,
S’envole la joie
S’étiole une partie de moi
Le feu se noie .

Adieu l’espoir
au revoir toi,
toi, ce petit bout de moi
qui jamais ne grandira.

Ce soir, une goutte de vie s’est envolée
Mes larmes de sont déversées
avec le temps se cristalliseront
mon coeur, mon corps, jamais n’oublieront .

Texte F.J.

Où faut il arrêter la vie ?

Il y a quelques temps j’ai eu une discussion avec mon mari suite à la disparition de notre chat . La pauvre bête avait un cancer de la thyroïde. C’est un cancer lent, la plupart du temps invisible .J’avais prit la décision en commun accord avec le vétérinaire de tenter un traitement . Après, je savais que sa durée de vie était comptée , mais un peu de temps avec nous, en plus , tant qu’il n’y a pas de souffrance, je me disais pourquoi pas ?

Quelques jours plus tard, j’ai dû filer en urgence chez le vétérinaire, la pauvre bête faisait un AVC. Mon mari m’a reproché d’avoir trop attendu . Peut-être, mais quand doit-on prendre la décision de passer à l’acte irréversible ? Quel est le bon moment ?

Qu’on parle des animaux dont on est responsable, ou de nos proches, c’est la même chose. Un moment donné , on se trouve confronté à sa conscience . Parfois aussi à des promesses qu’on a fait à son amis, son conjoint ou autre . Pas d’acharnement thérapeutique, est une phrase que j’ai souvent entendu dans mon entourage et que je prononce aussi. Je pense qu’au niveau des soins on peut prendre cette décisions relativement facilement quand c’est pour soi. Mais quand c’est pour les autres ? Le diagnostique médical, penchera certainement dans la balance le moment venu. Mais faut il lui faire confiance?

Puis vient la fin de vie . A quelle moment fat il se dire, je tire ma révérence ? Probablement que là aussi, le diagnostic médical fera pencher la balance . Juste que bien souvent, la durée de vie estimée par les professionnels de la santé est approximative. Il faut bien reconnaitre qu’en la matière ils ne sont pas devins. Nous non plus . Prendre la décision de mettre fin à sa vie, à une vie est un véritable cas de conscience.

J’entends le son de la cloche qui autorise le suicide assisté, celui qui est sensé aider au départ sans la souffrance. Mais qui sait quand elle va commencer ? Qui sait à quelle moment la personne ne pourra plus prendre cette décision toute seule ? Dans ce doute là, ne va -t-elle pas décider de quitter la vie trop tôt ? Est-ce égoïste que de faire cela ?

Donner ses instructions à autrui, pour l’euthanasie, c’est encore pire. Imaginez-vous devoir prendre la décision ? Une chose est sûre, il faut penser à l’autre avant de penser à soi, il faut l’aimer suffisamment que pour respecter sa décision. C’est difficile de prendre une telle décision, et de n’avoir rien à se reprocher après .

Suicide assisté , Euthanasie, assassinat la frontière est mince je trouve .